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jad_hatem_2011Jad Hatem est Professeur de philosophie, de littérature et de science des religions à l’Université Saint-Joseph (Beyrouth). Il a publié de nombreux ouvrages dans ces trois disciplines ainsi que des recueils de poésie, une pièce de théâtre et un roman. Il est rédacteur en chef d’IRIS. Annales de philosophie et d’Alcinoé. Ses derniers travaux ont notamment porté sur la philosophie de la religion.

Trois principales publications (concernant la mystique): Théologie de l’œuvre d’art mystique et messianique. Thérèse d’Avila, Andreï Roublev, Michel Henry (2006); L’amour pur hyperbolique en mystique musulmane (2009); L’Âme et l’Abîme dans la mystique féminine carmélitaine. Thérèse d’Avila, Thérèse de l’Enfant-Jésus, Élisabeth de la Trinité, Gertrude von Lefort, Édith Stein (2011).

1. Quelle définition donneriez-vous du mot « mystique » ?

La mystique, que ce soit sur son versant sacré comme sur son versant profane, est l’expression des hauteurs de l’esprit qui témoignent essentiellement de la dimension d’auto-transcendance en l’homme.

2. Pourquoi avez-vous choisi ce champ d’études et/ou comment vous vous êtes intéressé à ce domaine ?

Cela s’est fait au croisement de deux thèmes: d’une part, l’amour pur et l’union à Dieu; d’autre part, la fascination exercée sur moi par quelques figures exemplaires de la mystique. Sous-jacents à cet intérêt croisé, un souci spirituel et la mise à l’épreuve de la notion d’Identité absolue  chez Schelling et Shankara.

3. Les figures mystiques et/ou ouvrages mystiques qui ont marqué votre activité de recherche et/ou votre parcours intellectuel et/ou personnel.

Maître Eckhart, Thérèse d’Avila, Madame Guyon, Hallâj, Ibn ‘Arabî. L’arbre s’est progressivement ramifié : Laurent de la Résurrection, Philoxène de Mabboug, Grégoire de Nysse, Ibn al-Fârid, Luther (comme théoricien de l’amour pur), la moniale Hindiyyé, Lulle, etc. J’accorde beaucoup d’attention à la poésie mystique et à l’usage que la mystique sacrée fait de la poésie mystique profane (à ce propos je renvoie à mon ouvrage Majnoun Laylâ et la mystique de l’amour, 2010).

4. Quelle place donner aujourd’hui à l’étude de la mystique, ou à une réflexion sur la « mystique », au sein des Universités ?

Elle mérite d’occuper deux lieux : dans les Facultés de théologie et dans les Facultés de science des religions, avec des approches différentes certes, mais susceptibles de se recouper. Dans les deux cas, le comparatisme me paraît un passage obligé. Une place devrait également lui être réservée dans l’enseignement de la littérature.

5. Quel(s) ouvrage(s) « mystique(s) » conseillez-vous à tous ceux qui souhaitent découvrir ce genre littéraire ?

Les Sermons allemands et les Traités de Maître Eckhart ; Le Château intérieur de Thérèse d’Avila ; La Montée du Carmel de Jean de la Croix ; Les Torrents de Madame Guyon, etc.

Il y aurait également à lire des œuvres littéraires, Dante, Claudel, Le Mendiant de Naguib Mahfouz, etc.

Parmi les essais: Gershom Scholem, Les Grands courants de la mystique juive, ouvrage qui m’a beaucoup impressionné, sans doute parce que je l’ai lu au moment opportun.

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