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arton2449-0dd83Vient de paraître aux éditions Arfuyen, dans la collection Les Carnets spirituels, un livre intitulé Sur la pratique de la présence de Dieu. Cet ouvrage réunit des maximes spirituelles et des lettres de Nicolas Herman, dit Laurent de la Résurrection (1614-1691), un mystique du XVIIe siècle qui, après avoir été un soldat au service du duc de Lorraine à l’époque de la Guerre de Trente ans, en 1640 entra comme frère convers au couvent des carmes déchaux, rue de Vaugirard.

Voici la présentation de l’éditeur:

–Ni saint ni bienheureux ni vénérable, « Frère Laurent » est un maître spirituel paradoxal, à la manière d’un maître zen : faire une omelette ou réparer des chaussures est pour lui un exercice spirituel qui vaut aussi bien que ceux qu’on fait à l’église. Bien qu’il soit l’une des plus hautes figures du Carmel, et frappant de modernité par sa simplicité et son sens du concret, il reste peu connu du grand public.

Le présent ouvrage réunit l’ensemble des textes de Laurent de la Résurrection (Maximes, et Lettres) et de son biographe Joseph de Beaufort (Entretiens et hommages). La préface et la postface sont signées par deux frères carmes qui connaissent tous deux excellemment la spiritualité de Laurent de la Résurrection.

« Il n’est pas nécessaire, disait Frère Laurent, d’avoir de grandes choses à faire, je retourne ma petite omelette dans la poêle pour l’amour de Dieu. » Et il expliquait : « Le temps de l’action n’est pas différent de celui de l’oraison ; je possède Dieu aussi tranquillement dans le tracas de ma cuisine que si j’étais à genoux devant le Saint-Sacrement. »

Étrange mystique que celui-là : né dans un village pauvre de Lorraine, soldat puis domestique, il restera toute sa vie frère convers, voué aux tâches les plus humbles : cuisinier, puis savetier. Peu lui importe : « Il n’est pas nécessaire d’être toujours à l’église pour être avec Dieu ; nous pouvons faire de notre cœur un oratoire dans lequel nous nous retirons de temps en temps pour nous y entretenir avec lui amoureusement. » Telle est sa « pratique de la présence de Dieu », simple et joyeuse.

Son œuvre se résume à des maximes et à 16 lettres. Mais son rayonnement est tel que les plus grands, notamment Fénelon, viennent lui demander conseil et qu’il est de son vivant même compté parmi les plus grands mystiques.