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5604919819_6c18602643Celui qui a parcouru les profondeurs abyssales de l’amour,

Tour à tour dévoré par la soif

Ou s’abreuvant à la source,

Traverse sans dommage l’aridité

Ou les riches floraisons.

L’écoulement des saisons

Ne le touche point.

Au fond du gouffre de l’absence

Comme sur les cimes de l’union,

Son cœur reste serein

Et tel qu’en lui-même

(Chant XIV, 13)

***

14779189302_cb1df01dbd Vous qui aimez ne soyez point brisés

D’avoir si mal : bientôt viendra la floraison ;

Il vous sera donné de braver les tempêtes

Et d’accoster les plages luxuriantes

Où s’unit à jamais l’Aimant à l’aimé :

C’est là, âmes fidèles, pour vous la promesse.

(Chant IV, 6)

***

Toute âme vaillante, se jette

Aux abîmes de l’Amour

Dont nul ne sonde les profondeurs ;

Mais une longue privation ronge ses forces,

En sorte qu’elle ne guérit que lentement.

Alors qu’elle se croit comblée d’expérience

L’Amour, plus que jamais

Devient inconnaissance

Et la nostalgie la brûle et la déchire

(Chant XLIII, 13)6402659903_5c519a00e9

***

Pour l’Amour, jamais encore, rien ne fut perdu

De ce que fit pour lui un cœur aimant ;

Que ce soit tôt ou tard,

L’Amour toujours récompense ;

L’Amour, en tout temps,

Se met du côté de l’aimant.

Avec tendresse il vit les mœurs de ceux qui aiment ;

Et s’il est si exigeant,

C’est pure munificence.

Pourtant il est vrai que dans sa clairvoyance

A tout vivant il demande

De mourir à lui-même

(Chant XXXIV, 4)

[Amour est tout. Poèmes strophiques (trad. fr. Rose Vande Plas), Paris, Téqui, 1984.]