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friederich« Votre entendement doit être en silence, ne lui permettant pas tant de raisonnements superflus ni tant de productions inutiles qui ne procèdent que d’une recherche de vous-même. Il doit demeurer en silence, regardant Dieu avec respect.

La mémoire doit être en silence, ne recevant volontairement aucune image ni souvenir des créatures, demeurant simplifiée en la présence de Dieu. Et la volonté doit être en silence, sans désir, sans inclination, sans ardeur, sans contrainte, sans affection et sans aucune attache qu’à Dieu seul.

En un mot la meilleure et la plus sainte disposition et celle pour laquelle mon âme a plus d’attrait, c’est la profonde mort en nous-mêmes, que nous appelons le véritable anéantissement. […]Rien n’est plus capable d’attirer Dieu en nous que de nous anéantir au-dessous de toutes choses. Une âme dans son néant est ravissante aux yeux de Dieu, et l’on peut dire qu’il est tellement épris d’amour pour elle qu’il s’oublie de sa grandeur, s’abaissant en elle, l’élève jusqu’à Dieu ».

1022662384_33f5f44e97« Qu’est-ce que d’une âme morte ou anéantie ? C’est une âme sans désir, sans affection, sans choix, sans élection, sans souhaits, sans inclinations, sans vouloir, sans passions. Elle est faite en cet état d’anéantissement une pure capacité de Dieu.

Que fait cette âme ainsi anéantie ? Elle est revêtue de Jésus-Christ, elle est remplie de Jésus-Christ. C’est Jésus-Christ qui l’anime, c’est Jésus-Christ qui agit en elle, qui pense pour elle, qui désire pour elle et qui aime pour elle, qui choisit pour elle, qui souhaite pour elle. Le grand Apôtre le savait d’expérience quand il disait: Vivo ego, jam non ego, vivit vero in me Christus. »

(Mère Mectilde du Saint Sacrement à la Comtesse Marie de Châteauvieux : Une amitié spirituelle au grand siècle, Lettres de Mère Mectilde à Marie de Châteauvieux, Paris, Téqui, 1989, p. 282 et 177)