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« Que l’âme désire, sans désir pourtant et sans ennui, de biens immenses ! Elle est alors si pure des désirs volages et passagers qu’elle est tout désir elle-même en sa substance. Elle est de même tout amour. Elle est l’amour même. Mais cet amour, qui est pur et véritable, est sans ardeur, sans saveur. Elle est l’amour substantiel, essentiel, amour immense, infini, éternel, immuable. Elle est tout et trouve tout en Dieu, qui est cet être pur, cet être qui est tout à elle, et elle est tout à lui et en lui. »

13971905031_5da0264019 « Ô Dieu, aveuglez-nous dans cette fausse lumière de la raison, et donnez-nous le véritable jour et la vraie clarté. Cette taie étant abattue, et ce rideau tiré, cette raison étant perdue, et cette nuée évanouie et dissipée, l’esprit étant appauvri et dénué, Dieu enfin s’unit à l’âme, la pénètre et se mêle dans elle, en sorte que revêtue de Dieu elle ne paraît plus que comme Dieu. Elle est rendue tellement participante de son Dieu qu’elle paraît tout Dieu, comme le cristal qui serait perdu dans le soleil ne paraîtrait plus que soleil, et le soleil ainsi revêtirait et couvrirait de lui cette glace pure, nue et transparente, susceptible de tous les rayons et les impressions solaires. Ainsi l’âme dénuée et purifiée est rendue participante et susceptible de toutes les impressions et qualités divines. En cette sorte l’âme entre dans la sainteté, dans la justice, dans la bénignité de Dieu et autres semblables attributs et perfections divines ».

(L’âme cristal. Des attributs divins en nous, éd. M. Mazzocco, Paris, Seuil, p. 70 et p. 125)

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light7L’âme est d’autant plus considérable qu’elle est tirée en Dieu dans un point plus sublime de sa sainteté, laquelle étant infinie en son élévation, l’âme se sent parfaitement tirée dans une infinie exaltation de la chair, dans une distance immense, ce qui la met en son repos et sa paix.

L’âme se voit ainsi établie en Dieu et revêtue de lui, entrant en ses perfections, en sorte que Dieu, qui est sainteté, sagesse, force, amour, lumière et toute perfection, fait l’âme être dans lui toutes ces choses-là, et c’est un verre revêtu de ces divines perfections du soleil adorable de la Divinité.

L’âme en cet état est encore plus changée et transformée en Dieu que le verre au soleil, que le fer et le bois au feu, que l’eau au vin et que tout autre transformation possible.

(De la Possession divine, in Tentations diaboliques et Possession divine, éd. M. Mazzocco, Paris, H. Champion, coll. « Mystica », 2012, p. 132)